Une maman à sa fille et à toutes les autres filles

Au commencement, il y eut la danse. Puis très vite l’équitation qui fut une vraie passion. Mais vinrent les études, les révisions, le manque de temps… Un jour cependant, par obligation et surtout par manque d’action, elle a cherché à pratiquer, j’ai pensé gymnastique ou course à pied.

Mais brutalement et après quelques essais c’est pour le rugby qu’elle s’est décidée.

 

Avec un mari rugbyman, j’avoue avoir été fan, non pas des oreilles décollées et des masses exhibées mais du fairplay associé à une belle virilité.

Avec un fils tombé dans l’ovalie quand il était petit, j’ai rencontré tous les centres de radiologie et me fais tous les jours autant de soucis.

Alors quand elle m’a annoncée son intention d’être le 3ème membre de la famille à jouer au ballon ovale, j’ai pensé bizarrerie, passage, absence de féminité et même vulgarité…

Les semaines ont défilé et j’ai espéré qu’une autre passion allait naitre, c’était mal la connaitre !!

Le manque de joueuses, les horaires tardifs, les intempéries, les courbatures… rien n’y a fait !!

Alors j’ai craqué et assisté à un match : Au prime abord, un coq rassemblant sous ses ailes conseillères et protectrices dans sa basse-cour.

En fait, une équipe féminine armée de crampons, de shorts ultra anti sexy, d’armures…

Des mecs en résumé me direz vous ! Ah j’allais oublier les protèges-dents, les mêmes casques que les Dusautoir ou les Bonnaire sur le terrain, les empoignades (peut être plus vicieuses car  après tout ce sont des filles…) lors des mêlées…

Les équipements qui puent la sueur, les chaussettes pleines de boues, de sable, de… et enfin les griffures, les yeux au beurre noir, les épaules démises, les vertèbres croquées, les entorses, les ongles arrachées, les cheveux en mains et j’en passe…

Un sport, un vrai dont on n’est jamais sur de sortir indemne et elle y retourne !

3 ans que cela dure !

Qu’à la maison lors de retransmissions de matchs à la télé, les hurlements, les piétinements multipliés par 3 endurés !…

 

Aujourd’hui, après avoir pensé et même souhaité que ma fille ne tiendrait pas, j’ai compris ce que voulait dire amour du rugby. C’est avant tout une équipe, un groupe de filles, de femmes, qui par le rugby oublient leurs soucis et comme les doigts de la main, elles se retrouvent unies, lorsqu’elles sont d’une humeur de choc passent un moment au TirNaNog.

Si jamais il vous arrivait de croiser ces filles là dans la rue, à moins qu’elles ne déambulent en short et en crampons, vous aurez certaines difficultés à deviner que le rugby est leur  sport préféré.

Il m’est arrivé d’en croiser, de discuter avec elles, de les observer et aujourd’hui, je ne pense plus vulgarité ou absence de féminité, je ne dis plus l’ovalie m’a tant pris.

J’ai toujours une grosse boule, bien ronde celle là, à l’estomac lors des matchs mais aujourd’hui, je suis ravie car j’ai enfin compris pourquoi ma fille a l’amour du rugby…