Un dimanche riche en émotions

 

8h30 : Fatigue
Le réveil sonne ce dimanche 16 avril, il faut se lever car aujourd’hui c’est notre dernier déplacement mais surtout notre dernier match de la saison. Encore endormie, je prends mes affaires et direction Marquette pour prendre le bus avec les copines.

9h30 : Soulagement
Dix-sept filles dans le bus prêtent à en découdre, tout le monde est venu, pas de mauvaise surprise de dernière minute, mais plutôt une bonne une joueuse a pu se libérer à la dernière minute. Trois remplaçantes sur le banc de touche, quel luxe !

10h00 : Quiétude
Le trajet est long pour aller jusqu’à Evreux. Tout le monde dort dans le bus. Je rêve que je marque l’essai de la victoire, mais cela ne restera qu’un rêve.

12H30 : Impatience
Nous ne sommes toujours pas arrivées, le temps commence à paraître long, je suis impatiente d’arriver et de chausser les crampons. Chacune essaie de s’occuper comme elle peut. Certaines jouent aux cartes, d’autres se font des tresses ou se remémorent leurs péripéties lors de leur dernière soirée.

13H45 : Effervescence
Nous arrivons enfin. Direction le vestiaire, il ne va pas falloir traîner. Je commence à me préparer, brassière, sous-short, protec, short, chaussettes… Ouf je n’ai rien oublié, mais tout le monde ne peux pas en dire autant. A ma droite, on recherche des chaussettes, à ma gauche, on n’a pas de sous-short, d’autres sont dépités parce qu’elles ont oublié leur culotte de match porte bonheur : celle qui fait gagner et qui ne rentre pas trop dans les fesses.

14h10 : Détermination
Distribution des maillots, le silence s’installe peu à peu dans le vestiaire. C’est au capitaine de prendre la parole, ces mots me donnent la chair de poule. Aujourd’hui dernier match de la saison, dernier match avec cette équipe et dernier match de leur carrière pour certaines filles.
J’ai le cœur serré, les larmes me montent, mais ce sont des larmes de rage, je ne veux pas décevoir mes coéquipières aujourd’hui. Je veux que nous finissions la saison en beauté, il va falloir tout donner.

 

15h00 : Tension
L’arbitre siffle le coup d’envoi, comme à chaque début de match, je sens le stresse qui monte en moi, j’attends le premier plaquage celui qui me fait tout oublier et me donne envie de me jeter à corps perdu dans la bataille.
Les premières minutes sont difficiles, les ébroicïennes sont dans notre camp, on résiste et on enchaîne plaquages sur plaquages. L’entame de match est difficile, je suis déjà presque oxy et ça fait à peine 15 minutes que nous jouons. Mais nos efforts de début de match payent et nous récupérons la possession.

 

15h20 : Une joie de courte durée
Temps fort pour les Zabeilles, nous approchons dangereusement de la ligne adverse. Nous patientons, nous formons des blocs d’avants et à force de faire travailler notre ligne nous réussissons à percer et à aplatir derrière l’en-but.

On est folle de joie mais soudain je me rends compte que je n’ai pas entendu de coup de sifflet. Une ébroicïenne aurait glissé sa main sous le ballon. L’arbitre ne valide pas l’essai.

 

15h40 : Désarroi
C’est la mi-temps. Après notre essai non accordé, il y a eu un relâchement général, nous avons encaissé trois essais. On ne peut pas finir la saison comme ça, il faut se remotiver et retourner au combat. Le coach et le capitaine essaient de trouver des mots forts pour nous redonner de la hargne.

 

16h00 : Incompréhension
Malgré, le discours et les directives de la mi-temps, nous n’avons pas réussi à reprendre le dessus et encaissons deux essais de plus.
Nous ne comprenons pas, nous n’arrivons pas à poser notre jeu, nous essayons de trouver ce qui ne va pas, quel changement pourrions-nous faire pour réussir à percer la ligne adverse.
Mais pas le temps de réfléchir à tout ça, il faut se concentrer et faire avec les moyens du jours.

 

16h10 : Orgueil
Malgré le score adverse élevé, certaines d’entre nous font preuve d’un dernier sursaut d’orgueil et permettent à l’équipe de marquer deux essais, aplatis respectivement par Marilou et MC.
Quelle fierté de jouer dans une équipe où l’on se bat jusqu’au bout.

 

16h20 : Déception
L’arbitre siffle la fin du match, en dépit de nos efforts de fin de match le score reste assez tranché : 34-14.
Je sens une grande déception au sein de l’équipe mais il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui nos adversaires se battaient pour une qualification pour les phases finales. Bravo à elle.

 

16h25 : Séquence émotion
Pour conclure la saison, petit discours très touchant de la part d’Odette, nous remerciant pour cette saison et souhaitant plein de bonnes choses aux filles qui vont nous quitter.
Les larmes de déception laissent place à des larmes remplies de nostalgie, des bons moments qu’on n’a pu passer ensemble cette saison et les précédentes.

 

17h30 : Le calme avant la tempête
Toutes propres et le ventre rempli, direction le bus. Il va falloir patienter encore un peu d’être sorti de la ville pour pouvoir déguster le mojito et le sexe on the beach ( Merci à Eric, Chamallow et Marilou pour ces breuvages)

 

18h30 : Bonheur et décontraction
Musique à fond, verres pleins, chips trempées dans le guacamole, on est au top !
Tout ces sourires dans le bus font plaisir à voir! Il y a une ambiance de folie dans le bus. Pour leur dernier déplacement, les Zabeilles sont déchaînées !
Petit bizutage des supportrices footballeuses. Quelque chose me dit qu’elles n’oublierons pas ce déplacement. Mais, nous n’en dirons pas plus 😉

 

23h00 : Y a trop de love
Direction le Scot pour finir la soirée et cette fin de soirée sera sous le signe de l’amour.
Petite annonce de fiançailles, nous leurs souhaitons plein de bonheur.

 

Merci aux filles qui se sont données encore une fois sur le terrain aujourd’hui

Merci à la soigneuse ( et à toutes celles qui on occupé ce poste cette saison)

Merci aux blessées et aux supportrices

Merci à Didou, notre super chauffeur

Merci aux coachs et à l’équipe dirigeante

Merci au LORC et aux volontaires qui font tourner ce club

Merci à tous pour cette saison et bon vent aux Z’abeilles qui vont prendre une autre direction l’année prochaine <3

Dernier match à domicile : une belle défaite

Samedi 2 avril, 9h30, le réveil sonne. Il faut se lever pour aller affronter Soisy-Montmorency. Ce matin, c’est difficile. Aveuglée par un soleil très lumineux et très chaud qui se lève paisiblement, j’ai la tête dans un étau mais le corps prêt au combat. Mais bon, je me dis qu’au moins, on ne sera pas pleines de boue après le match mais pleines de coups de soleil.

On joue encore une équipe haute dans le classement. Je me demande si elles ont changé leur plan de jeu depuis le dernier match. Font-elles vivre et virevolter le ballon à toute vitesse ? Sont-elles techniciennes, puissantes ou sprinteuses ?! Un match difficile arrive, c’est le dernier match à domicile de la saison voire le dernier de leur carrière rugbystique pour certaines… Je sais que je dois rester moi-même et prendre le dessus sur le contexte. C’est peut-être ça, le manque d’expérience. Pendant que l’on mange toutes ensembles au club, je suis perdue entre toutes ces pensées. Après tout, on a le mental et on l’a déjà prouvé. Il s’y passe beaucoup de chose et en même temps rien à la fois, je n’y suis pas. Besoin de voir les filles pour me mettre dans mon match. Non, ce ne sera pas « un jour sans », on n’est pas comme ça nous les zabeilles.

Je vois bien que je ne suis pas la seule qui ait le regard perdu vers l’horizon et ça a quelque chose de rassurant. Mais on va s’y mettre, toutes ensembles. Petit Molky entre copines pour se déstresser avant de rentrer dans le match. A 12H30 on rentre dans les vestiaires ; je prends doucement la mesure du match du jour. On se prépare dans le calme, l’ambiance est presque lourde. Le calme avant la tempête ? Peut-être bien. Ça sent l’arnica à plein nez. J’ai parfois l’impression d’être dans un vestiaire de boxe avant un combat. En fin de compte nous aussi on va au combat, mais toutes ensembles, c’est ça la beauté de notre sport. Notre capitaine galvanise ses troupes par un discours dont elle a le secret,je sors doucement de mon pseudo coma.

Vers 13h00, on part à l’échauffement. Les ballons m’échappent, je ne trouve pas mes appuis, je suis lente et gauche, à la recherche de bonnes sensations. Petits exercices d’affrontement pour finir l’échauffement. Numéros pairs à gauche et impairs à droite et on se rentre dedans. Tous ces contacts me font sortir de moi, je suis prête pour l’affrontement

13h28 : A 2 minutes du Coup d’envoi. J’observe nos adversaires, elles nous offrent une jolie panoplie de gabarits. Il va falloir être sur tous les fronts. Lors de cette première mi-temps, nous ne sommes pas totalement dans notre match, nous avons trouvé une équipe qui comme nous aime jouer avec ses avants et qui prend le dessus lors de mauls. Nous nous retrouvons contrées dans notre spécialité. Fin de première mi-temps 12-0

Au fond de moi, je bouillonne : elles ne sont pas imprenables. On a les armes pour lutter à n’en pas douter. Je vois les z’abeilles qui, assommées, perdent leur sang froid. Réveillez-vous les filles !’On peut le faire, il faut se battre sur chaque plaquage. On va y retourner avec plus de mordant et on va montrer à tout le monde y compris à nous-même qui on est. Notre coach et notre capitaine nous parlent, ils nous motivent. Il faut réveiller les guerrières qui sommeillent en nous.

L’équipe se remet dans son match. Les filles plaquent, plaquent, et replaquent. On ne lâche rien, on y va. Aussitôt un genou à terre, on se relève pour replaquer. Voilà ! C’est ça l’esprit d’équipe, c’est ça qu’on cherche dans le rugby. Ca y est, on a repris nos esprits, on a retrouvé nos qualités, allez les zabeilles ! Nos efforts payent, ce qui permet à Marilou d’aller aplatir derrière la ligne d’essais.
Essai transformé 12 -7

On continue à se battre mais au bout du compte, victoire de Soisy-Montmorency 17 -7. C’est toujours dur de perdre, forcément surtout à domicile. Mais on a montré malgré tout qu’on ne lâchait rien et qu’on avait bien progressé depuis le match aller. On a traversé une première mi-temps compliquée, tant pis, ça fait partie du sport. On a montré qu’on avait un mental et un cœur « gros comme ça ». 4

Faire preuve d’abnégation, se soutenir, et faire la fête après le match, c’est ça être une abeille !